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Hélène RANAWANA

Avec NIDA, son second court métrage, Hélène Ranawana signe un film délicat, inspiré de son histoire familiale. En racontant la rencontre entre deux jeunes réfugiés, venus du Sri Lanka et d'Éthiopie, la réalisatrice déplace le regard porté sur l'exil. Loin des représentations habituelles, elle filme la naissance d'un amour, les langues qui se croisent, les silences, les  corps et la manière dont une rencontre peut transformer une vie. À l'occasion de la projection de NIDA en ouverture de la soirée du 26 juillet, la réalisatrice revient sur la genèse de son film.
                                                                                                                                                                                    

Comment est née l'idée de NIDA?

Nida est née de mon histoire familiale. En cherchant à comprendre le parcours de mes parents, deux réfugiés politiques venus du Sri Lanka et d'Éthiopie, j'ai choisi de raconter leur rencontre amoureuse, là où l'on attend souvent un récit sur l'exil. Le cinéma me permet de transformer cette histoire intime en un récit plus universel.

Votre film fait dialoguer plusieurs langues sans toujours les traduire. Pourquoi ce choix ?

Parce que c'est la réalité dans laquelle j'ai grandi. Nida et Henok portent chacun une histoire, une mémoire et un héritage culturel qui leur sont propres. L'anglais devient leur langue commune, tandis que le cinghalais et l'amharique continuent d'exister comme une part essentielle de leur identité. Je ne voulais pas penser le film uniquement depuis le point de vue d'un spectateur français, ni chercher à tout traduire systématiquement. Les langues coexistent naturellement dans notre monde, et accepter de ne pas tout saisir permet aussi d'entrer dans un autre univers.

Derrière cette histoire d'amour affleurent les questions de l'exil, de la mémoire et des violences politiques. Comment avez-vous trouvé l'équilibre entre l'intime et le collectif ?

Je voulais que le politique reste en arrière-plan sans pour autant le nier, car il fait partie de l'histoire de mes personnages et de leur parcours d'exil. Mais je ne voulais pas qu'il définisse entièrement leur identité. Ce qui m'intéressait avant tout, c'était de montrer que derrière les récits de migration et d'exil, il existe aussi des histoires d'amour, de désir et d'émancipation.

La mise en scène est très proche des corps, des regards et des silences. Que cherchiez-vous à faire ressentir au spectateur ?

Je voulais une mise en scène très sensorielle, proche des corps et des silences. Nida est un personnage très intérieur, qui parle peu mais ressent beaucoup. La caméra cherche donc à capter ce qui se joue dans les regards et les gestes. La scène de danse, notamment, marque un moment où son corps peut enfin s'exprimer librement. En entrant dans la culture d'Henok, elle découvre une autre manière d'être au monde.

Nida sera projeté en plein air avant Azur et Asmar, devant un public très divers. Qu'aimeriez-vous que les spectateurs emportent avec eux en quittant la séance ?

J'aimerais qu'ils se disent que derrière les parcours d'exil, il existe aussi des histoires d'amour, de famille et de liberté qui nous concernent toutes et tous.

Propos recueillis par Kiara DONYARI et Tove GALBERT

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